Villeneuve-Loubet

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Album photo de la fête médiévale de Villeneuve-Loubet, les 25 et 26 juin 2009

Les Enjeux

En 1536, la possession du Milanais est au cœur de la rivalité entre François Ier et Charles-Quint. Ce sont les Guerres d’Italie. En décembre 1537, le pape Paul III, offrit sa médiation pour résoudre le conflit opposant le roi de France et l’empereur ; il fut convenu que la rencontre aurait lieu à Nice.

François Ier et Charles-Quint, animés d’un vif sentiment de défiance, se mirent lentement en route au printemps. L’ Empereur arriva le premier : sa flotte de 28 galères mouilla en rade de Villefranche  le 9 mai 1538. Paul III arriva à Nice le 16 mai à bord d’une galère impériale mais les Niçois, à l’instigation du Duc de Savoie, refusèrent de l’accueillir. Finalement, il s’établit hors la ville au Couvent Sainte-Croix. François Ier, après s’être longuement attardé en Dauphiné, chemina vers le Château de Villeneuve où il arriva le 31 mai.

 Les entrevues

C’est le 31 mai qu’eut lieu la première entrevue entre le connétable et le pape Paul III ; le lendemain, Anne de Montmorency rencontra Charles-Quint et le 2 juin le roi rencontra personnellement le pape. Les jours suivants les rencontres bipartites se multiplièrent. Faute d’accord global, les négociations se conclurent par une trêve de 10 ans au terme desquels les différentes parties espéraient parvenir à un accord définitif. Publiée dans toutes les provinces, la trêve sonna comme une véritable paix pour les sujets du royaume et, le 5 juillet, le Parlement organisa à Paris une procession d’action de grâces. Charles-Quint et François Ier se rencontrèrent les 14 et 15 juillet à Aigues-Mortes. Ils jetèrent les bases d’un arrangement futur. Fin 1539, la réconciliation entre les beaux-frères ennemis conduisit Charles-Quint sur les routes du royaume de France pour un voyage triomphal.

Les négociations

Arrivé à Villeneuve le 31 mai, François Ier rencontra une première fois le Pape le 2 juin dans une tente aménagée au cœur du Vallon de Magnan (aujourd’hui Rue du Congrès). Deux autres entrevues suivront le 13 (au moulin du Var) et le 17 juin alors que le pape rencontra Charles-Quint par deux fois à Lympia. En marge des négociations officielles, les femmes prirent part aux discussions. La reine Eléonore , sœur de Charles-Quint et sa fille la princesse Marguerite se rendirent au couvent franciscain de Nice le 8 juin pour rencontrer le pape. Le 11 juin, elles rejoignirent la rade de Villefranche avec une escadre de 17 galères pour visiter l’empereur et favoriser la réconciliation entre les souverains. Au final, le texte définitif du compromis fut arrêté par les ambassadeurs : François 1er gardait ses conquêtes (la Bresse, le Bugey et les deux tiers du Piémont) et Charles-Quint devenait maître de la totalité du Milanais et des deux tiers du duché de Savoie alors qu’une trêve de dix ans était décrétée entre les deux parties.

Trève de Nice  » Texte Original « 

On faict scavoir à tous, que trefve généralle, communicative et marchande est faicte et passée entre le roy et l’empereur, tant par mer, que par terre et eaue doulce, tant en Ponant que en Levant, en tous leurs royaumes, païs, terres, seigneuries et endroictz de leur obéissance, et tant en deçà que delà les monts, pour le temps de dix ans entiers ensuyvans et consécutifz, à compter du XVIIIe de ce présent mois de juing ; laquelle ledict seigneur roy veult, entend et ordonne estre observée et entretenue inviollablement, et que tout y contrevenans soient pugniz et corrigez comme s’ils estoient infracteurs de paix et s’en fera la pugnition des délinquans telle qu’elle servira d’exemple à tous aultres. Et par ce moien, le roy veult et permect que traicte généralle de toutes marchandises non prohibées et deffendues soit ouverte et aict cours comme auparavant les guerres encommancées. »

Le Sejour du Roy

Pourquoi Villeneuve ?


Accueillir en cette première moitié du XVIème siècle le roi de France, c’est accueillir un long cortège de près de 10.000 personnes regroupant les membres de la cour, le personnel d’intendance, l’escorte militaire… sans oublier les chevaux et le charrois nécessaires au séjour. Le site retenu devait donc offrir toutes les garanties de sécurité et de confort pour le Roi et à son entourage mais aussi assurer également le cantonnement de la troupe.
Avec un château flambant neuf doté de citernes, une architecture adaptée à l’artillerie de l’époque, des terres étendues… la seigneurie de Villeneuve répondait aux exigences royales, les territoires environnants d’Antibes, Biot, Vence, Saint-Paul, Cagnes et Saint-Laurent devant compléter les possibilités d’accueil des hommes et des chevaux. Villeneuve présentait l’avantage de son environnement et la sécurité d’un accueil familial !

La suite royale

La grande masse de la suite royale était composée d’hommes d’armes : et 1600 cavaliers6000 fantassins, regroupant la gendarmerie du roi, des hallebardiers, des piquiers, des arquebusiers et les lansquenets du comte Guillaume de Furstenberg l’un des plus illustres capitaines étrangers du temps. Au rang des personnalités, figurait bien entendu les membres de la famille royale : la reine Eléonore, sœur de Charles-Quint, le dauphin Henri et son épouse Catherine de Médicis, ses deux autres enfants Charles d’Orléans et Marguerite de France, le Connétable Anne de Montmorency véritable premier ministre du roi, le cardinal Jean de Lorraine, le duc Christofle de Wurtemberg… ainsi que des représentants éminents des arts et des lettres de l’époque.

Les divertissements

Bien que mobilisés par les tractations diplomatiques et par l’administration des affaires courantes, François Ier et sa cour ne négligèrent pas de goûter les plaisirs du lieu : chevauchées dans la plaine du Loup en compagnie de Catherine de Médicis, et – augures de la naissance sur les rives du Loup d’un célèbre cuisinier – plaisirs de la table alimentés par les nombreux dons apportés notamment par les consuls de Vence et de Saint-Paul : veau du Malvan, cabris, lièvres, poulets, chapons, cerises, prunes, vins locaux.
De quoi satisfaire le solide appétit royal et son goût pour le bon vin. Sans oublier au programme des soirées villeneuvoises au château les divertissements de cour en présence certainement de Clément Marot alors valet de chambre du roi et appelé à un grand destin poétique, dont l’œuvre comporte quelques vers sur les négociations de Nice. Si l’on ajoute la musique, la danse et les jeux de plein air… le séjour à Villeneuve ne fut certainement pas morose !

Les 3 semaines du Roy en 1538

31 mai : arrivée de François Ier à Villeneuve.

2 juin : première entrevue entre François Ier et le pape Paul III à Nice.

4 juin : déplacement de François Ier à Antibes.

6 juin : possible visite de François Ier à Saint-Paul.

8 juin : déplacement de François Ier à Antibes et entrevue à Nice entre la reine Eléonore et le pape Paul III.

11 juin : entrevue entre la reine Eléonore et son frère Charles-Quint.

13 juin : deuxième entrevue entre François Ier et le pape Paul III à Nice.

17 juin : troisième entrevue entre François Ier et le pape Paul III à Nice.

18 juin : le texte de la trêve est arrêté par les ambassadeurs de François Ier.

21 juin : François Ier signe la Trêve de Nice au château de Villeneuve.

22 juin : départ de François Ier de Villeneuve.








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