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Loyauté : Le chevalier devait toujours être loyal envers ses compagnons d’armes. Que se soit pour la chasse ou pour traquer un ennemi, le chevalier doit être présent au combat jusqu’à la fin avec ses compagnons, prêt à les aider en tout temps avec vaillance.
Prouesse : Le chevalier devait être preux et posséder une grande vigueur musculaire. La force de l’âme était aussi très importante afin de combattre les redoutables adversaires qu’il rencontrerait lors de ses quêtes. Il devait les combattre pour le service de la justice et non par vengeance personnelle.
Sagesse et Mesure : Le chevalier devait être sage et sensé afin d’empêcher la chevalerie de basculé dans la sauvagerie et le désordre. Le chevalier devait avoir le contrôle sur sa colère, sa haine. Il devait rester maître de lui-même en tout temps. Les échecs étaient donc de mise pour le chevalier afin d’exercer l’agilité intellectuelle et la réflexion calme.
Largesse et Courtoisie : Un noble chevalier devait partager autant de richesses qu’il possédait avec amis et paysans sous son aile. Lorsqu’il se rendait à la cour, il devait faire preuve de courtoisie. Il s’efforçait de se faire aimer par sa dame en étalant devant elle toutes ses prouesses. Il devait aussi la servir fidèlement. La noblesse purifiait en quelque sorte l’âme du chevalier.
Justice : Le chevalier doit toujours choisir le droit chemin sans être encombré par des intérêts personnels. La justice par l’épée peut être horrible alors l’humilité et la pitié doivent tempérer la justice du chevalier.
Défense : Un chevalier se doit de défendre son seigneur et ceux qui dépendent de lui. Il doit toujours défendre sa nation, sa famille et ceux en qui il croit fermement et loyalement.
Courage : Un chevalier se doit de choisir le chemin le plus difficile et non le chemin guidé par ses intérêts personnels. Il doit être prêt à faire des sacrifices. Il doit être à la recherche de l’ultime vérité et de la justice adoucie par la pitié.
Foi : Un noble chevalier doit avoir foi en ses croyances et ses origines afin de garder l’espoir.
Humilité : Le chevalier ne doit pas se vanter de ses exploits, mais plutôt laisser les autres le faire pour lui. Il doit raconter les exploits des autres avant les siennes afin de leur donner le renom dont il mérite.
Franchise : Le chevalier devait parler le plus sincèrement possible.
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| Les Enjeux
En 1536, la possession du Milanais est au cœur de la rivalité entre François Ier et Charles-Quint. Ce sont les Guerres d’Italie. En décembre 1537, le pape Paul III, offrit sa médiation pour résoudre le conflit opposant le roi de France et l’empereur ; il fut convenu que la rencontre aurait lieu à Nice.
François Ier et Charles-Quint, animés d’un vif sentiment de défiance, se mirent lentement en route au printemps. L’ Empereur arriva le premier : sa flotte de 28 galères mouilla en rade de Villefranche le 9 mai 1538. Paul III arriva à Nice le 16 mai à bord d’une galère impériale mais les Niçois, à l’instigation du Duc de Savoie, refusèrent de l’accueillir. Finalement, il s’établit hors la ville au Couvent Sainte-Croix. François Ier, après s’être longuement attardé en Dauphiné, chemina vers le Château de Villeneuve où il arriva le 31 mai. Les entrevues C’est le 31 mai qu’eut lieu la première entrevue entre le connétable et le pape Paul III ; le lendemain, Anne de Montmorency rencontra Charles-Quint et le 2 juin le roi rencontra personnellement le pape. Les jours suivants les rencontres bipartites se multiplièrent. Faute d’accord global, les négociations se conclurent par une trêve de 10 ans au terme desquels les différentes parties espéraient parvenir à un accord définitif. Publiée dans toutes les provinces, la trêve sonna comme une véritable paix pour les sujets du royaume et, le 5 juillet, le Parlement organisa à Paris une procession d’action de grâces. Charles-Quint et François Ier se rencontrèrent les 14 et 15 juillet à Aigues-Mortes. Ils jetèrent les bases d’un arrangement futur. Fin 1539, la réconciliation entre les beaux-frères ennemis conduisit Charles-Quint sur les routes du royaume de France pour un voyage triomphal.
Les négociations ![]() Arrivé à Villeneuve le 31 mai, François Ier rencontra une première fois le Pape le 2 juin dans une tente aménagée au cœur du Vallon de Magnan (aujourd’hui Rue du Congrès). Deux autres entrevues suivront le 13 (au moulin du Var) et le 17 juin alors que le pape rencontra Charles-Quint par deux fois à Lympia. En marge des négociations officielles, les femmes prirent part aux discussions. La reine Eléonore , sœur de Charles-Quint et sa fille la princesse Marguerite se rendirent au couvent franciscain de Nice le 8 juin pour rencontrer le pape. Le 11 juin, elles rejoignirent la rade de Villefranche avec une escadre de 17 galères pour visiter l’empereur et favoriser la réconciliation entre les souverains. Au final, le texte définitif du compromis fut arrêté par les ambassadeurs : François 1er gardait ses conquêtes (la Bresse, le Bugey et les deux tiers du Piémont) et Charles-Quint devenait maître de la totalité du Milanais et des deux tiers du duché de Savoie alors qu’une trêve de dix ans était décrétée entre les deux parties.
Trève de Nice » Texte Original « On faict scavoir à tous, que trefve généralle, communicative et marchande est faicte et passée entre le roy et l’empereur, tant par mer, que par terre et eaue doulce, tant en Ponant que en Levant, en tous leurs royaumes, païs, terres, seigneuries et endroictz de leur obéissance, et tant en deçà que delà les monts, pour le temps de dix ans entiers ensuyvans et consécutifz, à compter du XVIIIe de ce présent mois de juing ; laquelle ledict seigneur roy veult, entend et ordonne estre observée et entretenue inviollablement, et que tout y contrevenans soient pugniz et corrigez comme s’ils estoient infracteurs de paix et s’en fera la pugnition des délinquans telle qu’elle servira d’exemple à tous aultres. Et par ce moien, le roy veult et permect que traicte généralle de toutes marchandises non prohibées et deffendues soit ouverte et aict cours comme auparavant les guerres encommancées. » Le Sejour du Roy
Pourquoi Villeneuve ? Avec un château flambant neuf doté de citernes, une architecture adaptée à l’artillerie de l’époque, des terres étendues… la seigneurie de Villeneuve répondait aux exigences royales, les territoires environnants d’Antibes, Biot, Vence, Saint-Paul, Cagnes et Saint-Laurent devant compléter les possibilités d’accueil des hommes et des chevaux. Villeneuve présentait l’avantage de son environnement et la sécurité d’un accueil familial ! La suite royale
La grande masse de la suite royale était composée d’hommes d’armes : et 1600 cavaliers6000 fantassins, regroupant la gendarmerie du roi, des hallebardiers, des piquiers, des arquebusiers et les lansquenets du comte Guillaume de Furstenberg l’un des plus illustres capitaines étrangers du temps. Au rang des personnalités, figurait bien entendu les membres de la famille royale : la reine Eléonore, sœur de Charles-Quint, le dauphin Henri et son épouse Catherine de Médicis, ses deux autres enfants Charles d’Orléans et Marguerite de France, le Connétable Anne de Montmorency véritable premier ministre du roi, le cardinal Jean de Lorraine, le duc Christofle de Wurtemberg… ainsi que des représentants éminents des arts et des lettres de l’époque. Les divertissements
Bien que mobilisés par les tractations diplomatiques et par l’administration des affaires courantes, François Ier et sa cour ne négligèrent pas de goûter les plaisirs du lieu : chevauchées dans la plaine du Loup en compagnie de Catherine de Médicis, et – augures de la naissance sur les rives du Loup d’un célèbre cuisinier – plaisirs de la table alimentés par les nombreux dons apportés notamment par les consuls de Vence et de Saint-Paul : veau du Malvan, cabris, lièvres, poulets, chapons, cerises, prunes, vins locaux. De quoi satisfaire le solide appétit royal et son goût pour le bon vin. Sans oublier au programme des soirées villeneuvoises au château les divertissements de cour en présence certainement de Clément Marot alors valet de chambre du roi et appelé à un grand destin poétique, dont l’œuvre comporte quelques vers sur les négociations de Nice. Si l’on ajoute la musique, la danse et les jeux de plein air… le séjour à Villeneuve ne fut certainement pas morose ! Les 3 semaines du Roy en 1538
31 mai : arrivée de François Ier à Villeneuve. 2 juin : première entrevue entre François Ier et le pape Paul III à Nice. 4 juin : déplacement de François Ier à Antibes. 6 juin : possible visite de François Ier à Saint-Paul. 8 juin : déplacement de François Ier à Antibes et entrevue à Nice entre la reine Eléonore et le pape Paul III. 11 juin : entrevue entre la reine Eléonore et son frère Charles-Quint. 13 juin : deuxième entrevue entre François Ier et le pape Paul III à Nice. 17 juin : troisième entrevue entre François Ier et le pape Paul III à Nice. 18 juin : le texte de la trêve est arrêté par les ambassadeurs de François Ier. 21 juin : François Ier signe la Trêve de Nice au château de Villeneuve. 22 juin : départ de François Ier de Villeneuve. |
Histoire – Le XI Siècle
A la fin du Xe siècle, l’empire des Francs est définitivement morcelé. Le rêve illusoire d’un empire aux dimensions de la chrétienté caressé par le souverain germanique Otton, couronné roi d’Italie et empereur en 962, se heurte inexorablement à l’émiettement féodal. Lorsqu’Otton s’assure un véritable protectorat sur le royaume de Bourgogne en défendant le roi Conrad contre ses rivaux, l’autorité royale y est réduite depuis longtemps par les progrès des pouvoirs territoriaux. Pour s’assurer les appuis nécessaires, les Carolingiens avaient en effet progressivement abandonné à leurs grands fonctionnaires, ducs et comtes, l’exercice de leurs droits régaliens. En Provence, les comtes d’Arles et d’Avignon, Boson et Guillaume, sans s’affranchir de leurs liens avec le roi de Bourgogne, deviennent les véritables maîtres du pays et réussissent à rendre leur charge héréditaire.
La Provence subit encore les pillages des Sarrasins qui ont établi une solide position sur la côte des Maures. En 972, lors d’une expédition dans les Alpes, ils s’emparent de Mayeul qui revient d’une assemblée à Vérone. L’émotion suscitée par l’arrestation de l’abbé de Cluny issu d’une grande famille provençale entraîne une réaction immédiate. Avec l’aide de renforts piémontais, le comte Guillaume, fils cadet de Boson et ses feudataires s’emparent du retranchement de Fraxinet et chassent définitivement les Sarrasins du sol provençal. Cette victoire assoit l’autorité de Guillaume qui prend le titre de marquis. Il détient désormais la réalité du pouvoir dans la partie méridionale du royaume de Bourgogne.
La Provence qui s’étend du Rhône à La Turbie, à la limite du diocèse de Vintimille, compte vingt-trois cités épiscopales réparties en trois provinces ecclésiastiques : Arles, Aix (dont dépends Antibes) et Embrun dont relèvent Nice, Vence et Glandèves. Chaque année se tient un concile des trois provinces de Provence ainsi qu’une assemblée générale des grands vassaux sous la présidence du marquis. Pourtant la désagrégation de l’organisation administrative carolingienne se poursuit. Le pouvoir comtal ne cesse de s’amoindrir au XIème siècle à l’occasion des successions et des donations de terres à l’entourage des grands vassaux comme les vicomtes de Nice et d’Antibes qui se constituent d’importants domaines seigneuriaux. La recherche de protection a conduit la société à s’organiser en une chaîne ininterrompue de liens personnels.
Mais l’absence de pouvoir central fort laisse libre cours à la violence de ceux qui cherchent à étendre leur influence. La multiplication des petits fiefs et l’attitude souvent belliqueuse de leurs possesseurs favorisent le brigandage et la guerre. Cette insécurité féodale qui a succédé aux grandes invasions se traduit par la prolifération des châteaux et des fortifications dont le nombre quadruple en Provence au XIème siècle. Le regroupement et la fixation des populations autour de la paroisse s’accompagnent du perchement qui a durablement marqué le cadre de vie des Provençaux. Le castrum est ceint d’un mur de pierres auquel s’adossent les maisons. Face au fléau de la violence, l’Eglise réagit en initiant un mouvement pour la paix à la fin du Xe siècle puis en instaurant, au milieu du XIème siècle, la Trêve de Dieu qui interdit l’usage des armes durant certaines périodes sous peine d’excommunication.
Après avoir longtemps subi le joug des familles laïques influentes comme celle de Rodoard à Antibes, l’Eglise se réforme au XIème siècle. Elle définit les principes d’organisation d’une société tripartite : les clercs intercèdent pour les hommes auprès de Dieu par la prière, l’aristocratie laïque fait la guerre et exerce le pouvoir, les serfs travaillent pour assurer la vie matérielle de la collectivité. Tout en légitimant les catégories sociales, l’Eglise moralise leur rôle. Au XIème siècle, les seigneurs multiplient les restitutions de biens usurpés à l’Eglise et fondent de nombreux sanctuaires, qui contribuent à l’essor de l’art roman. Le premier art roman méridional trouve son origine en Lombardie. Il se caractérise par un sanctuaire à trois absides souvent associées à une seule nef.
Les clochers construits séparément allient équilibre et élégance avec leurs baies jumelles. Les églises de Saint-Dalmas de Valdeblore et de la Madone del Poggio en sont de beaux exemples. Les grands monastères bénédictins de Provence comme Saint-Honorat de Lérins et Saint-Pons de Nice sont les principaux bénéficiaires des donations de laïcs qui cherchent à racheter leurs fautes. Bien qu’éprouvée par une razzia en 1047, l’abbaye de Lérins conserve son influence qui s’étend jusqu’à Gênes, en se constituant un vaste domaine seigneurial.
Le monastère de Saint-Pons dispose également d’un important patrimoine foncier comme le territoire de la Roche donné en 999 par Miron, vicomte de Nice. Les cessions à l’Eglise et les partages successoraux contribuent à affaiblir l’élément féodal, particulièrement à Nice et à renforcer le pouvoir des évêques et des abbés.
Au XIème siècle, la Provence, comme le reste de l’Europe occidentale, entre dans une phase de développement économique et de croissance démographique. Les défrichements étendent les terroirs agricoles, des moulins sont bâtis au bord des cours d’eau, en particulier des foulons qui alimentent une industrie du drap. L’utilisation de la force hydraulique et la maîtrise des techniques de forge sont à l’origine du perfectionnement de l’outillage, de l’élargissement de la production et des courants d’échange. A la fin du XIème siècle, les droits sur la Provence restent indivis mais trois branches, à l’origine des comtés de Provence et de Forcalquier et du comtat Venaissin, commencent à se distinguer. La descendance masculine de la première maison de Provence s’éteint vers 1093 avec la mort de Bertrand dont la part revient à son beau-frère Gerbert de Gévaudan tandis que Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse, devient marquis au titre des droits hérités de sa grand-mère. C’est lui qui, en 1095, conduit la première grande croisade lancée par le pape Urbain II pour libérer les lieux saints de Jérusalem lors du concile de Clermont. Débouché pour des cadets de famille féodale, la croisade marque une étape décisive par les échanges qu’elle va générer avec l’Orient méditerranéen.
Histoire – Le XII Siècle
Les rapports qui se sont multipliés avec les Etats chrétiens du nord de l’Espagne pour les aider dans leur lutte contre les Sarrasins ont favorisé des alliances matrimoniales. C’est ainsi que deux héritières de Provence épousent l’une le comte d’Urgel, l’autre, Douce, le comte de Barcelone Raimond Bérenger en 1112. En liant sa destinée avec les Marches d’Espagne pour plus d’un siècle, la Provence rompt rapidement avec l’unité maintenue par le principe des héritages indivis.
Au début du XIIe siècle les deux branches espagnoles se partagent leurs territoires provençaux, la Durance délimitant le comté de Forcalquier au nord et celui de Provence au sud. Tandis que la Provence occidentale subit la rivalité longue et sanglante des comtes de Barcelone avec le seigneur des Baux et le comte de Toulouse, la Provence orientale tend à s’émanciper du pouvoir comtal affaibli après la mort en 1131 de Raimond Bérenger qui, présent à Antibes et à Grasse en 1125 et 1128, y avait encore affirmé son autorité en arbitrant des conflits locaux. Non seulement le comte se heurte à l’insoumission de nombreux vassaux mais ce sont également les villes importantes qui parviennent à se doter de pouvoirs. Au même titre qu’Arles ou Marseille, Nice vers 1144 et Grasse dix ans plus tard jouissent d’une administration municipale avec des consuls et un conseil de ville. Assistés par le conseil, les consuls détiennent les pouvoirs exécutif, judiciaire et législatif et gèrent les intérêts de la ville. Le développement des échanges en Méditerranée profite à Nice et à Grasse qui deviennent des marchés régionaux importants et entretiennent des liens économiques privilégiés avec Gênes et la Ligurie.
A Nice, au pied de la cité juchée sur le rocher, une ville basse commerçante et maritime commence à s’établir entre la plage et le Paillon. Grasse est un marché en plein essor stimulé par l’ouverture d’une nouvelle liaison au nord de la voie aurélienne entre la Provence orientale et le bassin rhodanien. Une classe de commerçants enrichis accède à la conduite des affaires communales mais les consulats provençaux, tardifs par rapport à l’Italie, maintiennent un équilibre entre consuls nobles et ceux issus des classes populaires, marchands en grande part.
En 1166 le comte Raimond Bérenger III, voulant s’assurer de la fidélité de ses vassaux, réunit seigneurs, prélats et mandataires des villes mais Nice se dispense d’envoyer des délégués. Face à cette révolte, le comte mène une expédition punitive qui lui est fatale. Sur le trajet il est tué dans la plaine du Loup avant d’avoir pu réduire la ville. Son cousin de la branche aînée des comtes de Barcelone, Alphonse, devenu roi d’Aragon, reprend la Provence avant d’en déléguer la gestion deux ans plus tard à son frère cadet Raimond Bérenger IV tout en continuant d’en superviser la politique. Soucieux de développer le commerce de ses Etats en Méditerranée occidentale, il fait alliance avec Gênes contre Pisé.
Les deux cités rivales se livrent alors une lutte d’influence sans répit, engageant le long des côtes une guerre de course qui entrave le trafic provençal notamment au large d’Antibes. S’assurer la fidélité des seigneurs provençaux, dont l’évêque d’Antibes n’est pas des moindres, est donc essentiel pour le comte qui doit intervenir à plusieurs reprises dans des différends entre l’évêque et le seigneur de Grasse en 1173, puis en 1176, lorsqu’Alphonse d’Aragon, après avoir pacifié ses relations avec le comte de Toulouse, décide une nouvelle campagne contre Nice.
Accompagné par son frère Raimond Bérenger IV, il obtient la reconnaissance de sa suzeraineté mais, moyennant une redevance et l’obligation de fournir cent hommes pour la contribution militaire de la cavalcade, il signe un traité de paix qui confirme les privilèges du consulat comme il l’a fait peu avant en passant à Grasse, notamment l’élection des consuls et le pouvoir de justice. Les consulats restent une force et maintiennent leur autonomie puisqu’en 1179, la ville de Grasse, qui s’affirme par son activité commerciale, signe un traité d’échanges avec les Pisans sans l’aval du comte. De même les consuls de Nice s’allient tour à tour avec les Pisans et les Génois qui ont repris aux musulmans la domination de la Méditerranée occidentale, même si épisodiquement quelques incursions atteignent encore les côtes provençales.
Gênes étend de plus en plus sa sphère d’influence sur la région. En se rendant maîtres du comté de Vintimille et en prenant pied à Monaco en 1191, les Génois sont aux portes des deux cités marchandes de Provence orientale, Nice et Grasse, avec lesquelles ils entretiennent un commerce actif.
Histoire – Le XIII Siècle
A la mort prématurée du comte Alphonse II en 1209, son fils Raimond Bérenger V qui n ‘a que cinq ans est retenu en Catalogne sous la tutelle de Pierre II d’Aragon tandis que son grand-oncle Sanche prend en main les destinées de la Provence.
Les velléités expansionnistes des Capétiens dans le Midi se sont heurtées à la puissante maison de Barcelone mais la croisade contre les Albigeois donne à Philippe Auguste l’occasion de prendre pied dans le Languedoc. La mort de Pierre II en 1213, à la bataille de Muret contre le roi de France, déstabilise l’Aragon et ouvre la voie à la séparation de la Provence que Raimond Bérenger V a pu regagner et où il s’affirme sous la conduite de sa mère, Garsende de Sabran, héritière du comté de Forcalquier.
Profitant de la minorité de Raimond Bérenger V, les Génois ont consolidé leur position à Monaco en construisant un château en 1215 et renforcent leur emprise sur Nice grâce à l’appui d’une faction séparatiste qui récuse l’autorité comtale.
Mais Raimond Bérenger V manifeste rapidement sa volonté de rétablir l’ordre dans ses Etats, se fixe à Aix et multiplie les interventions. En 1227 il met un terme au consulat de Grasse et en 1230 soumet les Niçois qui perdent leur autonomie mais obtiennent la confirmation de leurs franchises et privilèges.
Le comte prolonge sa campagne militaire contre les seigneurs du pays vençois ligués avec Nice. Le château de Malvan est détruit et le castrum d’Agrimont (Saint-Laurent) est abandonné par ses habitants. Le domaine comtal s’accroît beaucoup à la suite de la confiscation des biens des barons rebelles et des chefs du parti génois bannis de Nice.
Raimond Bérenger V fait de la Provence un véritable Etat régional structuré en grandes circonscriptions administratives, les baillies dirigées par des hommes de confiance assistés déjuges et de clavaires, agents financiers chargés de la gestion des revenus domaniaux. Des viguiers sont installés à la tête des administrations municipales des grands centres. Romée, juge et conseiller du comte, gratifié du fief de Villeneuve, devient son représentant dans la Provence orientale pour la vaste baillie d’Outre-Siagne qui s’étend de Fréjus à la limite du comté de Vintimille.
En 1235 sont promulgués les statuts de la baillie de Fréjus, élément remarquable de législation. Ils règlent les droits respectifs du comte, des seigneurs et des communautés d’habitants, justice, service militaire et redevances dues au comte. Ils s’appuient sur la conception romaine de la souveraineté en réservant au comte seul la haute justice, notamment la punition des homicides. Le besoin d’argent du comte pour soutenir une lutte incessante contre les oppositions, notamment celle irréductible de Marseille, le conduit à céder biens et droits, ainsi en 1237 ceux sur Antibes à l’évêque qui séjourne à Grasse où le pape Innocent IV transférera le siège épiscopal sept ans plus tard, ou encore en 1238 ceux sur Drap à l’évêque de Nice.
Les entreprises militaires de l’empereur Frédéric II en Italie où s’opposent ses partisans, les Gibelins, à ceux du pape, les Guelfes, engagent les Génois à se rapprocher du comte de Provence. Le traité d’alliance signé à Aix en 1241 consacre l’abandon de Monaco aux Génois qui renoncent à toute ambition territoriale sur les terres de Provence. L’accord est surtout favorable à l’activité commerciale qui prospère. Lorsqu’il meurt à Aix en 1245, Raimond Bérenger V laisse quatre filles dont l’aînée est mariée au roi de France Louis IX.
La plus jeune a reçu en legs le comté de Provence. Son mariage suscite une âpre bataille diplomatique qui se conclut en faveur du plus jeune frère du roi de France, Charles comte d’Anjou. Ainsi en 1246, la Provence noue ses premiers liens avec la France en se détachant définitivement de l’Aragon.
Contesté pendant sa participation malheureuse à la septième croisade dans laquelle il entraîne en 1248 des nobles provençaux comme les seigneurs de Blacas et de Grimaldi, Charles d’Anjou met fin énergiquement à la révolte et se fait reconnaître à son retour en 1251. Il éloigne les conseillers de son beau-père, dont Romée de Villeneuve, au profit de légistes et d’hommes d’église français.
Il conserve l’organisation territoriale du comté mais augmente le nombre des circonscriptions. Au cours de son long règne de quarante ans, Charles d’Anjou maintient la paix en Provence, consolide la frontière orientale en traitant avec Gênes et en annexant la haute vallée de la Roya, renforce la sécurité et l’administration par des bailes et viguiers qui contrôlent les centres importants.
Son ambition l’entraîne dans l’aventure italienne en acceptant le royaume de Sicile comme vassal du Saint-Siège. Couronné à Rome, il s’empare du royaume en 1266 mais il est confronté aux révoltes et à la concurrence aragonaise. De nombreux seigneurs provençaux viennent se fixer en Italie.
Le comté s’en ressent économiquement d’autant qu’il contribue largement à l’effort de guerre. Du fait de son éloignement, Charles d’Anjou substitue au baile de Provence un sénéchal, véritable lieutenant du souverain qui dirige le comté.
En 1282 les vêpres siciliennes lui font perdre la Sicile au profit d’un prince d’Aragon mais l’appui de la papauté lui permet de se maintenir à Naples. En succédant à son père en 1285, Charles II complète l’œuvre administrative.
Les Etats de Provence se réunissent pour la première fois en 1286 et une chambre des comptes est créée en 1288. En 1296 il fonde Villefranche pour favoriser l’activité maritime et commerciale. Au XIIIème siècle, la seigneurie reste le cadre des relations humaines. Les populations qui composent la communauté villageoise dépendant du seigneur obtiennent progressivement des chartes de franchise analogues à celles des villes. Ces chartes règlent des points essentiels touchant la liberté des hommes de la communauté, leurs rapports avec le seigneur et les redevances qu’ils doivent.
Mais l’aristocratie militaire ne fait que des concessions mineures contre argent. Elle garde le contrôle militaire, la justice, les machines. L’octroi de statuts communaux, en général assez tardifs au XIIIème siècle, ne confère aux syndics et aux assemblées des chefs de familles qu’une représentation des intérêts économiques.
En réaction aux mouvements hérétiques qui ont fleuri au XIIème siècle, de nouveaux ordres religieux prônent la restauration de la discipline et la recherche de la pauvreté. Dans ce contexte de remise en cause des pratiques du clergé régulier, naissent les ordres mendiants caractérisés par leur mission évangélisatrice. Les Frères mineurs fondés par saint François d’Assise et les Dominicains construisent des couvents à Nice et à Grasse à partir de 1240.
Les ordres militaires nés de la conquête des lieux saints (chevaliers de l’ordre du Temple et Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem) étendent leur réseau de commanderies et accroissent rapidement leur patrimoine. Ils sont présents à Biot, Grasse, Nice et Rigaud. Si la classe marchande entretient de forts liens commerciaux avec Gênes et l’Italie, les relations ecclésiastiques sont encore plus étroites de part et d’autre des Alpes. Ainsi Henri de Bartolomei né à Suse est, comme prévôt de la cathédrale d’Antibes, le principal acteur de la réorganisation du diocèse. L’édification de la cathédrale de Grasse, si marquée par l’influence lombarde, est contemporaine de son action.
A la permanence de l’art roman en Provence, s’ajoute la tradition vivace de la poésie des troubadours illustrée à la fin du XIIIe siècle par Raimond Féraud d’Ilonse auteur d’une vie de saint Honorât.
La Bible de Maciejowski (Pierpont Morgan Library, New York, Ms M. 638) est une bible picturale composée de 44 folios, aussi connue sous les noms de Morgan Bible of Louis IX, Book of Kings et Crusader Bible. Longtemps les historiens considérèrent cette bible réalisée vers 1245 sous la direction de Louis IX. Plus récemment, Allison Stones, d’après les travaux de médiévistes telle François Avril, démontra qu’elle fut enluminée dans les comtés du Nord de la France aux alentours de 1250[1].
La version d’origine ne contenait probablement que des illustrations, par ordre chronologique des scènes de la bible. Les descriptions en latin furent ajoutées au siècle. Le cardinal Bernard Maciejowski, évêque de Cracovie fit offrir ce livre au chas d’Iran Abbas Ier le Grand en 1608. Abbas commande dès lors une version à laquelle furent ajoutées des inscriptions en persan. Par la suite, peut-être au XVIIIème siècle, une version fut réalisée en judéo-persan.
Dès lors, le livre consiste en de magnifiques tableaux d’évènements des écritures hébraïques, dans des paysages et selon les us français du XIIIème siècle, d’une perspective chrétienne et entourée par des écrits en trois alphabets et cinq langues, le latin, le persan, l’arabe, le judéo-persan et l’hébreu.
La Bible de Maciejowski est un chef d’œuvre d’art gothique dépeignant comment donner du sens tant à des mots qu’à des images. Deux folios sont conservés à la bibliothèque nationale de France (MS nouv. acq. lat. 2294). Un autre folio est conservé au J. Paul Getty Museum, Los Angeles (MS 16).












