Arts Martiaux Historiques Européens

Philippo Vadi – Le contexte historique

Philippo Vadi – Le contexte historique

Histoire et politique

La dynastie Montefeltro

Le manuscrit De Arte Gladiatoria Dimicandi a été écrit par Philippo Vadi, dédié et offert à Guidobaldo Ier da Montefeltro, duc d’Urbino. La dynastie des Montefeltro (Feretranum dans le traité) remonte au tout début du XIIème siècle avec Antonio Carpegna, et continue sans aucune interruption, jusqu’à la mort de Guidobaldo, en 1508.

Les Montefeltro sont issus d’une région montagneuse de l’Italie centrale, que l’on nomme la région des Marches et qui borde l’Adriatique. Au centre de cette province se trouve la ville de San Leo (à côté de San Marin), tandis que la ville d’Urbino (anciennement Urbinum Hortense) se trouve près de la frontière nord du domaine. La première cité devint romaine en 300 avant J.C. et est demeurée depuis un grand centre urbain, notamment grâce à sa position, sur le flanc est des Appenins, en face de l’Adriatique, au sud de Rimini et Bologne, et à l’est de Florence et de Sienne.

Le duché d’Urbino, petit état italien, était situé entre la Romagne au nord, la Marche d’Ancône au sud, l’Adriatique à l’est et avait pour capitale Urbino. A la fin du 15ème siècle, Urbino compte près de 40 000 habitants, ce qui en fait une ville importante, même si elle est considérablement moins vaste et peuplée que Venise ou Milan.

Les premiers Montefeltro se couvrent de gloire dans le conflit entre les Guelfes et les Gibelins, en combattant d’abord pour le parti Gibelin, puis en changeant de camp. La dynastie croît lentement, absorbant Urbino, qui devient leur capitale, et plusieurs autres cités, qui changent régulièrement de main pendant les conflits. Les Montefeltro deviennent une dynastie réellement importante sous l’égide d’un de leurs membres les plus puissants, Federico III da Montefeltro (Gubbio, 7 juin 1422 – Ferrare, 10 septembre 1482). Federico devient en effet l’un des condottieres (chef d’armée de mercenaires) les plus connus de son temps.

En remplissant avec succès plusieurs « condotta » (contrats de mercenariat) d’ampleur considérable, il se constitue une fortune conséquente ainsi qu’une liste de princes redevables, en aidant par exemple Florence contre les Etats Pontificaux, puis en se plaçant sous la bannière pontificale une fois son contrat avec Florence achevé. Federico est ainsi élevé à la dignité de Comte par le Pape Sixte IV en 1474. Urbino acquiert ainsi une importance réelle en Italie, réussissant même à acquérir et surtout à conserver la couronne ducale jusqu’en 1626.

Palais ducal et duomo d’Urbino

Sa fortune faite, Federico devint un important mécène et amateur d’art, notamment afin de se constituer une cour de grande renommée. Urbino devient à la fin du quattrocento (15ème siècle italien) l’une des cours les plus fastueuses d’Italie. On parle d’elle en des termes élogieux, comme « phare de l’Italie », et elle incarne pendant quelques décennies l’idéal courtisan de la Renaissance.

Le Prince, Guidobaldo da Montefeltro (1472 – 1508)

Guidobaldo Ier da Montefeltro naît le 17 janvier 1472 à Gubbio, de Federico III da Montefeltro et de sa seconde femme Battista Sforza. Il a une sœur de la même mère, Agnès da Montefeltro (Gubbio, 1470 – Rome, 1er avril 1523); et une demi-sœur Giovanna Felicita da Montefeltro (1463 à Urbino, † 1514), née de la 1ière femme de Federico.

Alors compte da Montefeltro, il succède à son père dans des conditions politiques difficiles à l’âge de 10 ans et devient le troisième duc d’Urbino. Le 1er mai 1483, à 11 ans, il reçoit le titre de capitaine des armées de la Ligue contre le roi de Naples et le duc de Milan. Bien que ses vues sur le château de Petraja divergeassent de celles du pape, lors de la Conjuration des Barons il se rangea du côté de l’Église contre le royaume de Naples.

Le portrait réalisé par Raphaël montre un homme très différent de son père, le robuste condottiere. En effet, Guidobaldo est frappé dès sa jeune enfance par toute une série de maladies, qui le font souffrir toute sa vie d’arthrite, de goutte et d’impotente partielle. Malgré ces infirmités, signe de faiblesse dans le monde nobiliaire italien, il parvient malgré tout à tenir le rôle que tenait son père, et assume un rôle de condottiere (absent des champs de bataille, cependant).

Après la mort de sa première femme Lucrèce d’Aragon, il se lia en 1489 avec la famille Gonzague en épousant Élisabeth (1471 à Mantoue, † 1526 à Ferrare), alors âgée de dix-huit ans, fille de Frédéric Ier marquis de Mantoue et de Marguerite de Bavière. Ils n’eurent pas d’enfants ensemble. Son mariage avec Elizabeth renforca son pouvoir politique, mais lui octroia surtout un partenaire de premier ordre pour ce qui est du mécénat et des arts.

Battista Sforza
par Piero della Francesca, 1464
Federico da Montefeltro
par Piero della Francesca, 1464
Guidobaldo da Montefeltro
par Raphaël, 1504

Sous l’influence d’Elisabeth, la cour d’Urbino acquiert une culture et une renommée internationale, continuant l’œuvre de Federico, fervent amateur de lettres et d’art. Guidobaldo est même forcé, lors de son éducation, d’apprendre le latin et le grec, et malgré sa constitution faible, il semble qu’il ait eu une éducation physique de premier ordre. Cette éducation est un des idéaux du courtisan selon Baldassare Castiglione, à savoir être aussi cultivé qu’habile aux armes. Il devint d’ailleurs un des plus fervents promoteurs des tournois et autres fêtes martiales. Il fut, comme son père, reçu chevalier de l’Ordre de la Jarretière en 1506 et, comme lui, monta un cabinet de curiosités (le « studiolo de Gubbio ») d’une grande richesse.

Cependant, le règne de Guidobaldo n’est pas exempt de grandes difficultés. Il se mit à la solde d’Alexandre VI durant la campagne d’Italie de Charles VIII de France et la chute du royaume de Naples (21 février 1495). En mars 1495, il s’opposait à ce même roi de France en guerre contre la République de Venise. Il s’acquit la réputation d’un valeureux général et fut appelé à la rescousse par les Florentins lors de leur guerre contre Pise, mais il se trouva en butte au génie stratégique de Malvezzi. Lors de la bataille de Vallerano il fut fait prisonnier par Battista Tosi, qui combattait pour les Orsini. Il fut nommé capitaine général de l’Église en 1496.

En 1502, le duc de Valentinoi César Borgia tente de se tailler une royauté au centre de l’Italie et prend les villes d’Urbino et de Camerino. Le duc Guidobaldo abandonna le duché en toute hâte pour sauver sa tête, se réfugiant d’abord à Ravenne, puis Mantoue, et finalement contraint à l’exil à Venise. César renonce à attaquer Florence (sous l’influence de Machiavel, du cardinal Soderini et de Louis XII) et porte sont ambition sur Bologne. Les condottieri de César Borgia complotent contre lui et apportent leur aide à Guidobaldo et Giovanni Maria da Varano : Camerino et Fossombrone se révoltent. César l’apprend et organise une réconciliation au château de Sinigaglia le 31 décembre 1502. Vitellozzo Vitelli, les frères Orsini et Oliverotto da Fermo viennent sans leurs troupes. Au milieu du banquet, César les fait arrêter puis étrangler. Paolo Giovio qualifie cet acte de « merveilleuse tromperie ». Sa maîtrise sur la région d’Urbino est alors totale.

Fin 1503 Jules II est élu pape et est également réputé être un ennemi acharné des Borgia. Il force César Borgia à quitter Urbino, qui revient de nouveau à Guidobaldo. Ce dernier est accueilli en libérateur par le peuple, qui voit en lui un dirigeant sage et juste.

À seulement 37 ans, Guidobaldo succomba à la pellagre dont il avait longtemps souffert et mourut sans héritier de sang, le 11 avril 1508 à Fossombrone. Ses cendres furent transportées à Urbino et enterrées au monastère de San Bernardino, à côté de celles de Frédéric III. Le duché d’Urbino revint à sa demi-sœur Giovanna Felicita  (1463 à Urbino – 1514, mariée à Giovanni della Rovere) puis au fils de celle-ci, son neveu Francesco Maria Ier Della Rovere qu’il avait adopté en 1504 (pour le désigner héritier). Son duché passa ainsi dans la famille Della Rovere, celle des papes Jules II et Sixte IV.

La cité d’Urbino

Sous la domination des Montefeltro, Urbino devient un centre renommé des arts et des lettres, où se déplacent des hommes comme Raphaël et Donato Bramante. On considère d’ailleurs que ce dernier est en partie l’architecte du grand palais ducal de la ville. Officiellement conçu par Luciano Laurana, ce bâtiment est alors considéré comme le palais le plus fameux de toute l’Italie. Construit selon la mode florentine et d’après des esquisses de la main de Federico, les colonnes, arcades et piliers du palais provoquent l’envie de l’Europe entière.

L’une des autres ambitions du duc était de se constituer une bibliothèque de l’ampleur de celle d’Alexandrie. Il envoie donc des scribes recopier et acquérir des ouvrages dans toute l’Europe. Et à sa mort, la bibliothèque contient l’intégralité des ouvrages recensés dans les catalogues des bibliothèques du Vatican, de Saint Marc (Florence), d’Oxford et de Pavie. On compte parmi ces volumes des œuvres d’Aquinas, d’Albertus Magnus, de Boccace ou de Sophocle, ainsi qu’une grande collection de manuscrits hébreux.

Guidobaldo et Elisabeth patronnent donc les arts d’une façon flamboyante, attirant à leur cour des hommes de grande renommée, comme Baldassare Castiglione, auteur du « Cortegiano » (le Livre du courtisan) qui décrit le courtisan idéal, et qui prend probablement pour modèle la cour de ses protecteurs et le duc, ou encore Pietro Bembo qui est à l’origine d’un courant artistique qui porte son nom et qui a influencé toute la littérature italienne pour des décennies.

La famille Vadi

Il est important de savoir qu’un Vadi peut porter le même prénom que son père et son grand père, comme c’est le cas pour Pietro Vadi qui n’a pas vécu plus 103 ans mais correspond à au moins 3 personnes.

A l’origine

Bien avant le premier millénaire, dans la partie nord de l’Etrurie et dans la partie sud du Piemont (pedemontium), s’établirent des Ligures « Ilvati ». Arrivés par la « Vada Sabatia », ils fondèrent en 396 le port antique « Vadum Sabatium », nommé également « Vadis Portus » par les anciens géographes dans leurs traités et leurs itinéraires maritimes.

Aujourd’hui ce lieu se nomme Vado Ligure, en province de Savone, ville de la famille des VADI. Vado ligure se trouve à 50 km de Gênes, en Italie, et 150 km de Nice, en France.

Sous ce nom VADI, ils commencèrent à se répandre dans les zones frontalières, animés de cet esprit d’initiative qui les distinguait des autres peuples de Ligurie. Ils contractèrent pactes et accords avec la classe politique des seigneuries locales et particulièrement avec l’état du Vatican, puis ensuite avec le royaume de Savoie.

Cette famille est distinguée du privilège nobiliaire et a ses armoiries : bandé d’or et d’azur, au chef d’or chargé d’une aigle bicéphale de sable, becquée, membrée et couronnée d’or.

Sources : « Mirabilia Italiane », de Franco Cosimo./ « Galleria delle carte geografiche in Vaticano », Musées du Vatican.

Moyen-âge

[1059] Florence et l’État du Vatican

En cette période, régnait Gerard de Bourgogne, qui fut nommé Pape le 9 décembre 1058 et le resta jusqu’à sa mort. Il prit le nom de Niccolo II et fut le 155ième Pape de l’Eglise catholique. Il nomma chef de l’armée romaine VALENTINO VADI, fils de PIETRO VADI, propriétaire foncier et grand chef de la Vada et de la Populonia.

[1077] Corse et République de Pise

Une branche de la Famille VADI résidait alors en Populonia (à côté de Livourne), sous la domination de la République Pisane. Elle se déplaca dans la partie occidentale de la Corse, du côté de Campoloro de Moriani.

[1092] République de Venise

PIETRO VADI de Venise, donne à Dominique Foscarini de Torcello, un terrain de sa propriété qu’il possède à à Rio Piccolo di Torcello. Enregistré dans le livre au numéro 664, de main en main, tiroir n.6 n.1 en date du 9 Octobre 1094.

Sources : documents du Monastère de S. Giovanni, évangéliste de Torcello.

 

[1162] Ile d’Elbe et République de Pise

Dans la nuit du 23 juillet 1162, vingt-cinq galères génoises débarquèrent à l’île d’Elbe sous le commandement du Capitaine S.Andrea, accompagné d’un fort contingent d’hommes bien armés et l’ordre de piller l’île. L’armée pisane n’était pas très nombreuse ce jour là sur l’île, et les premiers qui accoururent défendre leur terre furent les Elbanais du Marcianese. Après une lutte acharnée et impitoyable, les génois furent contraint à réembarquer précipitamment et fuir des côtes de l’île d’Elbe.

L’héroïque défenseur PIETRO VADI d’Elbe, seigneur des terres du Marcianese, fait alors dresser dans la ville de La Zanca un mémorial en l’honneur des valeureux soldats morts au combat. Cette chapelle, encore debout aujourd’hui, fut consacrée le 15 août 1162. On peut lire sur le blason de la famille VADI :

« ENSIS PETRI INIMICUS EXPULSUS »

« L’épée de Pietro expulse les ennemis »

 

Sources : « Chroniques Pisannes », de Bernardo Cormoran./ « Histoire dell ’ Elbe », de Luigi De Pascales.

Pré-renaissance italienne

[1281] Etat du Vatican

Simone Briorni di Monpensieri régnait et fut élu pape le 22 décembre 1281 sous le nom de Martin IV (189° pape). Il nomma comme conseiller politique ANDREA VADI de populonie, fils de FRANCESCO VADI. Ce conseiller soutenait la politique de Charles d’Anjou.

[1282] République de Venise

A cette date, une branche de la famille VADI migra à Venise, menée par la personne de FRANCESCO VADI, qui fut nommé Troisième Sénateur de la République de Venise. Il obtint la medaille de Grand Homme de la République.

[1291] Ile d’Elbe, République de Pise

Une importante armée génoise débarqua dans la ville de Marciana Marina, avec une flotte de 60 galères, sous le commandement de Niccolo Boccanegra. Après 4 mois d’âpre et dure lutte, les Marcianesi se replièrent  dans la forteresse de Marciana. Ils durent céder face à la trop grande armée génoise, qui craignant d’éventuelles révoltes ou embuscades, prit par précaution 40 otages nobles, parmi lesquels un certain VADI. Le devenir de ces otages est inconnu.

Sources :
« 
Annales Génois », di Jacopo Doria.
« 
Historie Pisannes », de Raffaello Roncioni.
« 
L ’ Elbe à la fin du XIII siècle », de Emilio Chrétienne.

 

[1315] Florence

Deux femmes, MASINE et MARIE VADI, comptent parmi les sœurs du couvent aristocratique de l’ordre de la pénitence. Ce couvent de Saint Jacob de Ripoli, accueillait comme celui de Saint Dominique de Cafagio, seulement des représentantes des plus grandes familles de Florence.

[1362] Piémont, Comté de Savoie

Une ramification de la famille VADI se déplaça dans le comté de Savoie. Amedé VI, Comte de Savoie, dit le Comte Vert, décora de son diplôme de « Maistre d’Ostel », ALESSANDRO VADI, fils de MARCO VADI. Cette distinction fut remise à Vercelli, le 14 juin 1363.