Editos : les archives
(les billets d'humeur des PJ et PNJ)


Les Trame Mémoire

C'est au départ une simple étude qui m'a conduit dans le village des Trame Mémoire : je suivais alors une "vague de printemps", véritable bouffée loomique et saisonnière qui se déplaçait d'un écrin à un autre, y faisant durant quelques jours reverdir les arbres et s'épanouir les fleurs. Jusque là, je n'avais visité que des écrins connus, peuplés d'autochtones avec lesquels nous autres natifs avions des contacts assez fréquents. Mais un beau matin de printemps (cela faisait maintenant plusieurs mois que je connaissais de telles aubes...), après une agréable marche nocturne, je vis les Feux du Ciel se lever sur un charmant petit village accroché à la montagne. Le sol soudain envahi par l'herbe laissait voir à perte de vue de petits tertres caillouteux qui s'étendaient en rangées infinies, entourant avec une rigueur étrangement douce le groupe des maisons de pierre. D'ordinaire, je ne restais jamais bien longtemps dans un même écrin, mais là... c'était une découverte telle que je décidai d'abandonner quelques temps mes recherches sur la "vague printanière" pour découvrir le village et ses habitants. Une seule angoisse me hantait : comment allions-nous communiquer ?

Apenzicoatlt, Docte de la Guilde du Fer de Schaal

Lors du premier volet de la nouvelle campagne de Grandeur Nature Guildes, les Aventuriers ont pu découvrir cet étrange écrin... Rejoignez-les dans l'Aventure, à la découverte des secrets de Cosme.

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Cauchemars Verts

La journée avait été rude et plutôt malsaine. Notre progression n'a jamais été aussi difficile que dans cette forêt si... vivante. Autour de nous, les racines géantes semblent nous épier et je n'ai qu'une seule hâte, m'endormir profondément et rejoindre ces contrées noctantes qui me sont si familières. Mes compagnons sont aussi arrassés que moi, pris d'une certaine mélancolie qui ne laisse rien présager de bon. Autour moi, tous se laissent aller à l'oubli, et surtout à un repos régénérateur. Une fois de plus, Arcane avait eu une de ses crises si spectaculaires, qu'elle n'a pu nous dissimuler. Ses protubérances dorsales cachent un lourd secret qu'il vaut mieux occulter. La neige commence à tomber, étrange pour un écrin régit par le printemps...

Les flocons brillent de mille feux et une forte odeur d'humus me prends les narines. Je n'arrive plus à savoir si je suis déjà dans Nocte ou si Cosme m'a gardé dans ses bras. A une centaine de pas, une magnique femme aux grandes ailes de libellules se déplace lentement. Son regard est doux, apaisant et pourtant je n'ose m'approcher. Toute vêtue de vert, elle arbore un sceptre étoilé serti d'une émeraude et se tourne vers moi, le regard maintenant sévère. Je m'éveille en sursaut, Neridiey près du feu achève son tour de garde. Un coup d'oeil rapide, le sceptre est toujours à mes côté mais la Dame du Printemps est partie en chasse de son bien. Il nous faut repartir au plus vite et quitter cet écrin maudit, rejoindre des terres plus civilisées.

Prêt' Tacouet, diplomate Ulmeq

La Flore des Vents
Qu'est ce qui nous a pris de s'embarquer dans ces terres dégénérées ? Partis d'Arveen plein d'espoirs, confiant d'obtenir la carte "le Territoire" de la Guilde de la Flore des Vents, nous nous imaginions déjà en possession des six sphères de la salle de Transposition. Pour tout comptoir accueillant, nous n'eûmes que le loisir de s'installer dans un hameau battu par les vents, peuplé d'autochtones falformés à force de se reproduire entre eux. Contraints à séjourner dans une auberge hors de prix, attendant le bon vouloir du maître de comptoir pour autoriser l'accès à sa forteresse pivotante, l'idée nous prit de fouiner dans les alentours. L'impression malsaine qui planait se confirma lorsque nous approchâmes de la baraque de l'Etranger, posée au bord d'un lac et cernée d'entrelacs de Loom Noir. Le Wish y séjournant avait plutôt l'aspect d'un démon fomentant un plan machiavélique. Le hameau voyait également ses enfants enlevés à la naissance depuis une quinzaine d'années. Coïncidence ? Mais le plus interessant ne fut pas cette créature de Loom noir : à la nuit tombée, une brume magique sorti du lac, accompagnée d'une apparition constituée de Loom Violet. Celle-ci semblait venir chaque soir, souffler à Esope, le cartographe de la Flore des Vents, les tracés de la carte du Territoire. Que venait faire de telles puissances dans cet écrin perdu, quelle était l'enjeu de ce Territoire et surtout comment Loom Noir et Loom Violet arrivaient ils à cohabiter aussi près l'un de l'autre ?
Les Phoenix d'Arveen

Nous venions d'arriver aux portes de la cité, arrassés et fourbus de nos courses effrenées pour fuir les dangers de la passe du An Arveen. "La Couronne Stellaire est le tombeau de l'Aventure, morte par trop d'explorations qui ont dévoilé tous ses secrets". Je n'arrive pas à m'oter de l'esprit les paroles de cet imbécile de Marty alors que nous quittions Port Concorde. Cela fait déjà trois jours que nous avons laissé la Landocie et pourtant ces oiseaux bambous viennent encore hanter mes rêves. Ashragor me protège. Dire que nous avons faillis y laisser notre peau, picorés comme de vulgaires vers. Mais nous voilà devant un tout autre problème : les portes de la cité d'Arveen sont ouvertes et nulle âme n'est présente, ni dans les maisons ni dans les garnisons - une ville déserte de 20000 habitants ! Même les Guildes semblent avoir quitté les lieux.

Nous pénétrons discrètement, à l'affut du moindre bruit suspect. Les rues sont illuminées par des centaines de lampadaires, de ceux que l'on voit chez les Venn'Dys, baignant la ville dans une troublante clarté. Neridie, notre gentil Felsin revient en courant, le regard affolé : les gargouilles jusqu'alors perchées sur les murailles se sont animées et se dirigent vers nous, leur cape rouge et or flottant au gré d'une brise imaginaire. Quasi simultanément, une boule de feu vient frapper un lampadaire, semble y rebondir et continue sa course vers un autre et encore... Nous restons bouche-bée, ne sachant quoi dire, Jorn la main tendue sur sa masse. Mon confrère des terres mortifères me jette un regard furtif, me donnant le signal de se préparer. Machinalement, il observe les deux bosses réhaussant mes omoplates, une perle de sueur au front et je me met à incanter. Je sais qu'il sait, et il devra m'être fidèle ou mourir, pour la gloire de notre Pandémon, Ashragor.

Tania de Kelisse, Mage métisse Ashragore / Venn'Dys

La dague et la plume
Les larges étendues brumeuses et folles des restes de nuits d'ivresse étalent paresseuses, les langues opiacées et incertaines des filaments de brume, qui s'accrochent aux ramures mortes des vieux chênes centenaires. Les trois assassins sont là, épiant la surface glauque des miasmes de ces songes étranges et pénétrants, qui ululent à la nuit sans étoiles sous les souffre jours des paysages efflanqués de Nocte. Fragrances échardées des grands fonds des Âmes errantes, relants putrides et atroces des vapeurs nauséeuses, devant eux se dresse le territoire noir et abrupt des cauchemards. Une grande mare noire dans laquelle baigne les troncs décharnés des vieux arbres morts, rongés d'eau. Mangroves hirsutes des derniers saules captifs qui s'emmèlent et dessinent un vieux chemis au sec, par lequel passe le Maître des Songes, le Grand Veneur de l'Arpente.

Perdus dans la contemplation expiatoire de ce reste de marécage putride, ils ne virent que fort tard arriver la barque à fond plat du Grand Inquisiteur. l'eau boueuse et noiratre engloutissait la vieille rame sans un bruit dans une ribambelle de rides grossières et perfides. enfin il apponte doucement, sur une vieille passerelle de bois mort. Il marche doucement, inconscient du drâme qui se noue, incapable de songer un instant qu'il peut être en danger, lui, au coeur de son teritoire. Il s'avance doucement, murmure quelques drôles de sons et le vieil arbre se courbe et s'ouvre doucement. Sans se préoccuper d'autre chose, il entre et compulse fièvreusement les pages usées des codexs, reliées par un fil d'or et d'écume, en un vieux livre immense, baigné de sagesse et de savoir. Quelques gouttes de sang qui ourlent la vieille page parcheminée, des yeux tristes et délavés qui maudissent une dernière fois, avant même de comprendre qu'ils vont s'éteindre à jamais, trois assassins trois coups mortels, et le vieil arpenteur vômit ses glaires sanguinolentes de sa gorge béante.

Les trois Felsins s'étonnent de la facilité de cette besogne, comprenant en lisant les rares livres que les quelques lignes écrites sur chaque maison, sur la scabare, sont autant de savoir, rares et précieux, de ces suaves poisons d'où naissent les sapiences. Conscients de faire basculer les mondes, ils repartent, serrant le précieux recueil. Ils savent que Troubillious, le sénateur au dents longues, et ses quelques condisciples, tous persuadés qu'une telle entreprise n'était pas réalisable, allaient avoir un pouvoir considérable sur le Continent à compter de ce jour. Penser qu'ils ont en main les mille secrets des mille peuples de Cosme.... Combien de morts encore entacheront ils les pages lapidaires de ce vieil ouvrage ?
Le départ de la barrière
« Ecoute moi petit impudent : tu as essayé de me vendre ta camelote. Bon, soit je te l’accorde, tu ne savais pas qui était ton client. Comment çà, qui je suis ?! Je suis Giorgio D’almato, maître d’armes Venndy’s, voyons ! Les gens de ma Maison n’aiment pas trop les fouines dans ton genre. Mais tu as de la chance, dans cette maudite ville de la Barrière, tu es celui qui m’inspire le plus de sympathie pour l’instant. mais ne me fait pas croire que tu as une carte du Continent que tu tiens d’Orion le grand explorateur lui-même ! Ma Maison ? Ah, tu es un autochtone qui ne connais pas les Maisons. Et bien que dire ? Nous sommes l’élite des Rivages, nous maîtrisons la technologie et les arts. Les autres maisons sont composées de rustres ou de barbares, il est évident que nous explorerons le Continent grâce à nos Doctes et à notre science. Bien, il me faut te laisser maintenant, on m’attend pour le passage. Tiens, prends cette pièce et ne m’importune plus désormais. »

Le fier Venn'Dys s’éloigna et se dirigea vers la Barrière, paradant dans la rue comme un coq. Le jeune autochtone, un adolescent vêtu de guenilles haussa les épaules et s’enfuit avec la bourse du maître d’armes. Giorgio arriva devant ses compagnons, tous prêts pour le départ. Le représentant de la Guilde des Trous se présenta à lui et annonça qu'il était prêt. En passant sous la Barrière, on pouvait berner la vigilance des Enfants-Cyclones et des Transients. Malheureusement, ce passage nécessitait de nager sur une longue distance et Giorgio savait que plusieurs de ses camarades ne s’en sortiraient pas.
Le livre des ignorants de Toholl

Paroles pour ceux qui oseront ouvrir les yeux

Mon nom est Gorlhaan Ur Shaïr, digne représentant du peuple Ashragor, même si certains prétendent que je suis déjà mort.
Les membres de mon peuple sont de ceux qui ne s’embarrasse pas avec les manières, ils laissent ça à ceux dont l’apparence est la seule représentation sur Cosme. Mais nous avons compris depuis longtemps que Cosme n’est qu’une petite partie d’un univers à conquérir, et que les terres les plus riches ne s’embarrassent pas d’une existence matérielle. Si le corps est nécessaire sur Cosme, alors préparons le à résister au mieux aux périls de ce monde, peut importe l’apparence, seule compte l’efficacité.

Mais ce sont là déjà des considérations peut être trop complexes pour vous qui êtes novices sur le continent. Alors reprenons à la base :

Notre peuple vit depuis longtemps sur les rivages, et malgré ce que peuvent en penser les autres peuples, nous avons plus d'une fois sauvé Cosme de la Tyrannie. Notre peuple a renversé les deux empires métalliques alors que les faibles étaient asservis. Nous avons repoussé jusque dans leur capitale, les fourbes Venn'Dys qui profitait de notre combat pour nous trahir. Mais jamais nous n'avons imposé notre présence en dehors de notre territoire. Alors que l'on cesse de nous montrer du doigt, et que chacun se rappelle l'histoire, et les véritables dangers pour Cosme seront révélés. Bien sûr que notre art dérange, car nous sommes les seuls à maîtriser la mort, à dompter les démons, mais si nous le faisions pas, qui le ferait ? Le peuple Ashragor peut être fier des services qu'il rend a Cosme par ces actions et par son art, car sans lui, Cosme serait sûrement déjà détruit, asservit, ou plongé dans les limbes. Notre Art est la maîtrise du Loom, car dans le Loom se trouve toutes les réponses. Et le continent est le coeur du Loom. Alors tout membre du peuple Ashragor se doit de rejoindre une guilde, et d'explorer le continent, de comprendre le Loom, et de progresser vers la connaissance, quelque soit le prix à payer. Les grands secrets exigent souvent de grands sacrifices, et j'en ai déjà consenti de nombreux dans ma quête. Mais je sais que j'ai fait le bon choix, et je sais aujourd'hui que ma destinée est grande, car Ashragor lui-même m'a fait un signe, et apporté ce dont j'aurais le plus besoin pour accomplir mon oeuvre : le temps. Je souhaite a chacun de vous de trouver sa voie, et de la poursuivre malgré tous les obstacles rencontrés. Et que ceux qui faillissent disparaissent dans les limbes, ils ne méritent pas mieux, Cosme n'a pas besoin de faibles pour survivre. Mais rappelez-vous toujours que l'esprit est plus fort que la chair, car il est éternel.

Continuons notre quête, développons notre Art, sans se soucier des reproches des ignorants, car nous sommes les seuls à avoir osé garder les yeux ouverts face à la terreur des Abysses.

Nous avons la connaissance,
Nous avons le courage,
Nous aurons la puissance nécessaire à l'accomplissement de la quête que nous a confié Ashragor.

Gorlhaan Ur Shaïr, Prophète Noir du Continent