| La
Flore des Vents |
| Qu'est
ce qui nous a pris de s'embarquer dans ces terres dégénérées ?
Partis d'Arveen plein d'espoirs, confiant d'obtenir la carte "le
Territoire" de la Guilde de la Flore des Vents, nous nous imaginions
déjà en possession des six sphères de la salle de Transposition.
Pour tout comptoir accueillant, nous n'eûmes que le loisir de
s'installer dans un hameau battu par les vents, peuplé d'autochtones
falformés à force de se reproduire entre eux. Contraints à séjourner
dans une auberge hors de prix, attendant le bon vouloir du maître
de comptoir pour autoriser l'accès à sa forteresse pivotante,
l'idée nous prit de fouiner dans les alentours. L'impression malsaine
qui planait se confirma lorsque nous approchâmes de la baraque
de l'Etranger, posée au bord d'un lac et cernée d'entrelacs de
Loom Noir. Le Wish y séjournant avait plutôt l'aspect d'un démon
fomentant un plan machiavélique. Le hameau voyait également ses
enfants enlevés à la naissance depuis une quinzaine d'années.
Coïncidence ? Mais le plus interessant ne fut pas cette créature
de Loom noir : à la nuit tombée, une brume magique sorti du lac,
accompagnée d'une apparition constituée de Loom Violet. Celle-ci
semblait venir chaque soir, souffler à Esope, le cartographe de
la Flore des Vents, les tracés de la carte du Territoire. Que
venait faire de telles puissances dans cet écrin perdu, quelle
était l'enjeu de ce Territoire et surtout comment Loom Noir et
Loom Violet arrivaient ils à cohabiter aussi près l'un de l'autre
? |
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| Les
Phoenix d'Arveen |
| Nous
venions d'arriver aux portes de la cité, arrassés et fourbus
de nos courses effrenées pour fuir les dangers de la passe du
An Arveen. "La Couronne Stellaire est le tombeau de l'Aventure,
morte par trop d'explorations qui ont dévoilé tous ses secrets".
Je n'arrive pas à m'oter de l'esprit les paroles de cet imbécile
de Marty alors que nous quittions Port Concorde. Cela fait déjà
trois jours que nous avons laissé la Landocie et pourtant ces
oiseaux bambous viennent encore hanter mes rêves. Ashragor me
protège. Dire que nous avons faillis y laisser notre peau, picorés
comme de vulgaires vers. Mais nous voilà devant un tout autre
problème : les portes de la cité d'Arveen sont ouvertes et nulle
âme n'est présente, ni dans les maisons ni dans les garnisons
- une ville déserte de 20000 habitants ! Même les Guildes semblent
avoir quitté les lieux.
Nous pénétrons discrètement, à l'affut du moindre bruit suspect.
Les rues sont illuminées par des centaines de lampadaires, de
ceux que l'on voit chez les Venn'Dys, baignant la ville dans
une troublante clarté. Neridie, notre gentil Felsin revient
en courant, le regard affolé : les gargouilles jusqu'alors perchées
sur les murailles se sont animées et se dirigent vers nous,
leur cape rouge et or flottant au gré d'une brise imaginaire.
Quasi simultanément, une boule de feu vient frapper un lampadaire,
semble y rebondir et continue sa course vers un autre et encore...
Nous restons bouche-bée, ne sachant quoi dire, Jorn la main
tendue sur sa masse. Mon confrère des terres mortifères me jette
un regard furtif, me donnant le signal de se préparer. Machinalement,
il observe les deux bosses réhaussant mes omoplates, une perle
de sueur au front et je me met à incanter. Je sais qu'il sait,
et il devra m'être fidèle ou mourir, pour la gloire de notre
Pandémon, Ashragor.
Tania
de Kelisse, Mage métisse Ashragore / Venn'Dys
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| La
dague et la plume |
Les
larges étendues brumeuses et folles des restes de nuits d'ivresse
étalent paresseuses, les langues opiacées et incertaines des filaments
de brume, qui s'accrochent aux ramures mortes des vieux chênes
centenaires. Les trois assassins sont là, épiant la surface glauque
des miasmes de ces songes étranges et pénétrants, qui ululent
à la nuit sans étoiles sous les souffre jours des paysages efflanqués
de Nocte. Fragrances échardées des grands fonds des Âmes errantes,
relants putrides et atroces des vapeurs nauséeuses, devant eux
se dresse le territoire noir et abrupt des cauchemards. Une grande
mare noire dans laquelle baigne les troncs décharnés des vieux
arbres morts, rongés d'eau. Mangroves hirsutes des derniers saules
captifs qui s'emmèlent et dessinent un vieux chemis au sec, par
lequel passe le Maître des Songes, le Grand Veneur de l'Arpente.
Perdus
dans la contemplation expiatoire de ce reste de marécage putride,
ils ne virent que fort tard arriver la barque à fond plat du Grand
Inquisiteur. l'eau boueuse et noiratre engloutissait la vieille
rame sans un bruit dans une ribambelle de rides grossières et
perfides. enfin il apponte doucement, sur une vieille passerelle
de bois mort. Il marche doucement, inconscient du drâme qui se
noue, incapable de songer un instant qu'il peut être en danger,
lui, au coeur de son teritoire. Il s'avance doucement, murmure
quelques drôles de sons et le vieil arbre se courbe et s'ouvre
doucement. Sans se préoccuper d'autre chose, il entre et compulse
fièvreusement les pages usées des codexs, reliées par un fil d'or
et d'écume, en un vieux livre immense, baigné de sagesse et de
savoir. Quelques gouttes de sang qui ourlent la vieille page parcheminée,
des yeux tristes et délavés qui maudissent une dernière fois,
avant même de comprendre qu'ils vont s'éteindre à jamais, trois
assassins trois coups mortels, et le vieil arpenteur vômit ses
glaires sanguinolentes de sa gorge béante.
Les trois Felsins s'étonnent de la facilité de cette besogne,
comprenant en lisant les rares livres que les quelques lignes
écrites sur chaque maison, sur la scabare, sont autant de savoir,
rares et précieux, de ces suaves poisons d'où naissent les sapiences.
Conscients de faire basculer les mondes, ils repartent, serrant
le précieux recueil. Ils savent que Troubillious, le sénateur
au dents longues, et ses quelques condisciples, tous persuadés
qu'une telle entreprise n'était pas réalisable, allaient avoir
un pouvoir considérable sur le Continent à compter de ce jour.
Penser qu'ils ont en main les mille secrets des mille peuples
de Cosme.... Combien de morts encore entacheront ils les pages
lapidaires de ce vieil ouvrage ? |
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| Le
départ de la barrière |
« Ecoute moi petit impudent : tu as essayé
de me vendre ta camelote. Bon, soit je te l’accorde, tu ne savais
pas qui était ton client. Comment çà, qui je suis ?! Je suis Giorgio
D’almato, maître d’armes Venndy’s, voyons ! Les gens de ma Maison
n’aiment pas trop les fouines dans ton genre. Mais tu as de la
chance, dans cette maudite ville de la Barrière, tu es celui qui
m’inspire le plus de sympathie pour l’instant. mais ne me fait
pas croire que tu as une carte du Continent que tu tiens d’Orion
le grand explorateur lui-même ! Ma Maison ? Ah, tu es un autochtone
qui ne connais pas les Maisons. Et bien que dire ? Nous sommes
l’élite des Rivages, nous maîtrisons la technologie et les arts.
Les autres maisons sont composées de rustres ou de barbares, il
est évident que nous explorerons le Continent grâce à nos Doctes
et à notre science. Bien, il me faut te laisser maintenant, on
m’attend pour le passage. Tiens, prends cette pièce et ne m’importune
plus désormais. »
Le fier Venn'Dys s’éloigna et se dirigea vers la Barrière, paradant
dans la rue comme un coq. Le jeune autochtone, un adolescent vêtu
de guenilles haussa les épaules et s’enfuit avec la bourse du
maître d’armes. Giorgio arriva devant ses compagnons, tous prêts
pour le départ. Le représentant de la Guilde des Trous se présenta
à lui et annonça qu'il était prêt. En passant sous la Barrière,
on pouvait berner la vigilance des Enfants-Cyclones et des Transients.
Malheureusement, ce passage nécessitait de nager sur une longue
distance et Giorgio savait que plusieurs de ses camarades ne s’en
sortiraient pas. |
|
| Le
livre des ignorants de Toholl |
| Paroles pour ceux qui
oseront ouvrir les yeux
Mon nom est Gorlhaan
Ur Shaïr, digne représentant du peuple Ashragor, même si certains
prétendent que je suis déjà mort.
Les membres de mon peuple sont de ceux qui ne s’embarrasse pas
avec les manières, ils laissent ça à ceux dont l’apparence est
la seule représentation sur Cosme. Mais nous avons compris depuis
longtemps que Cosme n’est qu’une petite partie d’un univers
à conquérir, et que les terres les plus riches ne s’embarrassent
pas d’une existence matérielle. Si le corps est nécessaire sur
Cosme, alors préparons le à résister au mieux aux périls de
ce monde, peut importe l’apparence, seule compte l’efficacité.
Mais ce sont là déjà des considérations peut être trop complexes
pour vous qui êtes novices sur le continent. Alors reprenons
à la base :
Notre peuple vit depuis longtemps sur les rivages, et malgré
ce que peuvent en penser les autres peuples, nous avons plus
d'une fois sauvé Cosme de la Tyrannie. Notre peuple a renversé
les deux empires métalliques alors que les faibles étaient asservis.
Nous avons repoussé jusque dans leur capitale, les fourbes Venn'Dys
qui profitait de notre combat pour nous trahir. Mais jamais
nous n'avons imposé notre présence en dehors de notre territoire.
Alors que l'on cesse de nous montrer du doigt, et que chacun
se rappelle l'histoire, et les véritables dangers pour Cosme
seront révélés. Bien sûr que notre art dérange, car nous sommes
les seuls à maîtriser la mort, à dompter les démons, mais si
nous le faisions pas, qui le ferait ? Le peuple Ashragor peut
être fier des services qu'il rend a Cosme par ces actions et
par son art, car sans lui, Cosme serait sûrement déjà détruit,
asservit, ou plongé dans les limbes. Notre Art est la maîtrise
du Loom, car dans le Loom se trouve toutes les réponses. Et
le continent est le coeur du Loom. Alors tout membre du peuple
Ashragor se doit de rejoindre une guilde, et d'explorer le continent,
de comprendre le Loom, et de progresser vers la connaissance,
quelque soit le prix à payer. Les grands secrets exigent souvent
de grands sacrifices, et j'en ai déjà consenti de nombreux dans
ma quête. Mais je sais que j'ai fait le bon choix, et je sais
aujourd'hui que ma destinée est grande, car Ashragor lui-même
m'a fait un signe, et apporté ce dont j'aurais le plus besoin
pour accomplir mon oeuvre : le temps. Je souhaite a chacun de
vous de trouver sa voie, et de la poursuivre malgré tous les
obstacles rencontrés. Et que ceux qui faillissent disparaissent
dans les limbes, ils ne méritent pas mieux, Cosme n'a pas besoin
de faibles pour survivre. Mais rappelez-vous toujours que l'esprit
est plus fort que la chair, car il est éternel.
Continuons notre quête, développons notre Art, sans se soucier
des reproches des ignorants, car nous sommes les seuls à avoir
osé garder les yeux ouverts face à la terreur des Abysses.
Nous avons la connaissance,
Nous avons le courage,
Nous aurons la puissance nécessaire à l'accomplissement de la
quête que nous a confié Ashragor.
Gorlhaan Ur Shaïr, Prophète
Noir du Continent |
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